Catholicisme apparensiste ou dit "sédévacantiste" Catholicisme des origines, exégèse, philosophie, théologie, philosophie politique, histoire politique
Sept questions
posées au p. Henri Teissier, archevêque d'Alger. en réaction à sa présentation de la Religion catholique sur son site officiel
http://www.ada.asso.dz/ rubrique "chrétiens en monde musulman" lire le texte intégral dont j'analyse ci-après les idées principales.
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Sur le site de l’Eglise d’Algérie, un texte essentiel, est celui définissant le christianisme.
Après l’avoir étudié, je me pose certaines questions. Je les fais partager aux visiteurs de ce blog, qui voudront bien je n’en doute pas, me faire part de leurs réponses et réactions. Voici successivement, les principales affirmations surprenantes que l'on peut lire en cet article :
a) « Le christianisme est la voie religieuse de ceux et celles qui cherchent à vivre leur relation au Dieu très grand et unique par la médiation de Jésus-Christ »
Première question :
Est-il La Voie ? ou n’est-il pas la Voie ?
Car s’il est « une voie », c’est qu’il est une offre religieuse parmi d’autres, au coeur du marché post moderne des consommateurs de produits spirituels ou de slogans moralisateurs. Et s’il est une simple offre parmi d’autres, s’il na pas plus de valeur que celle des autres, alors au nom de quoi persiste-il troubler la douce paix du monopole religieux qui règne sur l’Algérie et sur les pays d’Oumma ?
Deuxième question :
Chaque humain a-t il la faculté de « chercher à vivre leur relation » personnelle, selon sa fantaisie ? Cette supposition choque un Chrétien qui n’a pas été maître de l’issue de sa recherche, lorsqu’il a reçu la certitude de la vérité du Christ. Elle choque autant un muslim qui doit nécessairement se conformer au déterminisme d’être créé, et ce d’autant que le texte paraît viser dans sa formule "Allah ouakbar"…Cette formulation apparaît donc stupéfiante sous une plume chrétienne, et même un peu blasphématoire… pour le muslim, lorsqu’elle est associée aussitôt, comme c’est le cas ici, à la médiation du Christ.
b) « Il est venu pour révéler, par sa vie, sa mort et son message, que Dieu nous aime et nous appelle à entrer en relation d’amour avec lui. Pour vivre cette relation d’amour nous nous laissons guider par Jésus, Parole vivante de Dieu et nous nous laissons envahir par son Esprit répandu dans nos cœurs. »
Troisième Question :
Qui est venu : le Christ , ou l’idéologie du christianisme ?
Le texte parlait du « Christianisme », mais il semble parler du « Christ », maintenant, de sa vie et de sa mort. Mais ensuite il apparaît que l’on parle de nouveau du « Christianisme » , qui est une relation d’amour que l’homme, vit en prenant un modèle moral Jésus. Il paraît bien que cette union est d’initiative humaine, et se définit sur un mode humain. En effet l’homme, se laisse envahir par un Esprit de Dieu « est qui répandu nos cœurs ». Tout semble suggérer qu’en l’homme est une aspiration religieuse naturelle, qui existe en effet, chez tout être humain. A noter cela éclaire le fait qu’il existe de bons muslim, dont la religiosité spontanée peut neutraliser quasiment le légalisme civique, extérieur et arbitraire de l’Islam.
Mais l’auteur du texte écrit que « nous » nous contentons de prendre conscience, et de donner notre assentiment, de suivre le mouvement, à une sympathie inter-humaine, innée car « répandue dans nos cœurs » de par notre condition. Le chrétien serait donc aux dires de l’Eglise d’Algérie, le prototype humain s’appliquant à cultiver la pitié, l’amour l’humanitarisme, qui sont des traits naturels universels. On ne voit pas du tout où peut s’insérer, au cœur de ces sentiments humains, une « descente » de Dieu sur le Fils Adoptif qu’il se choisit, en quelque sorte un « tanzîl » dès lors, certes, que l’élu dit « Oui » ?
"Etre disciple de Jésus, c’est donc le « suivre » en reproduisant le mieux possible son "attitude d’amour envers Dieu son Père et envers les hommes ses frères. Cette voie d’amour a sa source en Dieu lui-même et elle nous est révélée en Jésus le bien-aimé du Père envoyé par lui pour nous rassembler en lui."
".Le chrétien reconnaît en Jésus un homme exceptionnel qui a passé en faisant le bien, qui a rappelé les exigences d’un amour fraternel sans frontières, qui a partagé les joies, les peines de ceux et celles qu’il rencontrait, qui avait un don particulier pour apaiser, guérir et consoler. Bref, un homme tout tourné vers les hommes ses frères."
QUATRIEME QUESTION : QUEL EST L’INTERET, QUELLE EST LA SUPERIORITE DE CE MODELE ?
Ces remarques attestent maintenant bien notre première impression. La parole de St Pierre à Notre Seigneur, donne l’apparence de former un corps insolite dans l’esprit de cet exposé, car elle est une véritable « chahada» objective, une attestation de certitude de la réalité surnaturelle de Jésus.
En fait, le chrétien ne reconnaît donc pas seulement, ni du tout, un homme exceptionnel qui a passé en faisant le bien, …sans frontières etc... Ceci est une présentation
totalement erronée. [ par exemple, sur ce faux plan humanitariste, il ne s’est adressé au contraire qu’aux Juifs de Judée de l’époque….] Car en fait, l’alternative se présente comme suit :
- Soit ce genre d’homme moral est exclusif, et donc un privilège de l’Occident, qui le présente, mais alors, outre que ceci est notoirement injurieux pour l’Orient, le Sud, l’Extrême orient, c’est radicalement faux, car Socrate, Bouddha, Gandhi, etc. témoignent du contraire,
- - Soit il est un homme moral parmi d’autres, en conséquence, il ne présente dès lors aucun intérêt en soi. En effet , par quelle prétention, des occidentaux osent-ils revendiquer, « témoigner » d’un modèle particulier à eux, et qui devraient subsister au milieu d’autres civilisations et religions ? Je n’ose aller plus loin dans mes observations à ce sujet….
En conséquence l’explication donnée sur la perception par un chrétien du Jésus, est totalement falsifiée, pour ne pas dire plus.
« Mais on n’atteint le secret le plus profond de cette mystérieuse personnalité qu’en découvrant en lui un homme tout tourné vers Dieu qu’il a appelé son Père dans une extraordinaire intimité. »
CINQUIEME QUESTION : APPARTIENT-IL A L HOMME DE DECOUVRIR PAR LUI MËME A SON GRE QU’EN L HOMME APPELE Yeschoua , IL Y AURAIT PRETENDUMENT du « MYSTIQUE » EN LUI ?
Ici le texte monte d’un cran dans la confusion. Il y a du secret en Jésus, insondable, inqualifiable, sauf de « divin » , dont chaque homme peut repérer en lui, par son « discernement personnel » que cet homme était un « religieux » , « mystique naturel « . Cette religiosité naturelle, cet attrait de certains humains envers le sacré, le lyrisme, là encore ne constitue pas, loin s’en faut, l’intérêt premier de ce Jésus, en encore moins son originalité ; . les soufis, et les confréries offrent un exemple, en Afrique du nord et en terre d’Islam, certainement plus concret, vivant, charnel et convaincu que les discours et leçons occidentales sur la spiritualité de ce genre !
Il faut remarquer que ce serait cet homme Jésus, qui appelle Dieu « son père » par un sorte de excès lyrique, humainement « un extraordinaire intériorité », dit le texte de l’Eglise d’Algérie, et comme l’a fort bien expliqué l’historien non chrétien du 19ième s Ernest Renan…
« C’est à partir d’une expérience constante et unique de la présence divine en lui que Jésus nous a parlé de Dieu mieux que n’importe quel prophète ou homme spirituel avant lui. Sa volonté inébranlable de faire en tout le bon plaisir de Celui qui l’avait envoyé, l’a conduit jusqu’à accepter la mort sur la croix. »
SIXIEME QUESTION : COMMENT OSE- T’ON PRETENDRE QUE L’EXPERIENCE HUMAINE DE CE « JESUS » REDEFINI PAR L ‘OCCIDENT INTELLECTUEL EN « HEROS STOICIEN DE LA VOLONTE » SERAIT SUPERIEURE A CELLE DE CERTAINS MYSTIQUES ORIENTAUX ?
En réalité ce n’est pas à partir d’une expérience unique, et curieusement comprise par le seul Occident jusqu’au 2Oième s…, et que celui-ci prétend exporter comme pièce de musée, denrée rare réservée à quelques vieillards, d’Europe ou expatriés, c’est à partir d’un intervention transcendante de Dieu, lors de la naissance de Jésus, unique personne concrète en qui est le Véritable Dieu, pris en sa relation interne et Filiale à son Père, et le Véritable homme. Or ce b a ba de notre Certitude de la réalité objective de cette Révélation historique et transcendante, produit un silence assourdissant dans le texte de l’Eglise d’Algérie.
« Mais la croix ne fut pas le dernier mot de son existence, car Dieu l’a ressuscité et pris avec lui dans la gloire. Croix et résurrection sont ainsi au cœur du christianisme. C’est à la
lumière de la Résurrection et éclairés par l’Esprit Saint, que les premiers disciples de Jésus ont reconnu en lui, non seulement un envoyé de Dieu, mais « le Fils du Dieu Vivant ». Lorsqu’il était parmi eux, Jésus les avait préparés : « Qui m’a vu a vu le Père... Croyez moi ! Je suis dans le Père et le Père est en moi... le Père et moi nous sommes un » disait-il à un moment d’intime confidence avec ses apôtres (Jean 14, 9-11). »
SEPTIEME QUESTION (TROIS EN UNE )
LA RESURRECTION DE JESUS EST ELLE UNE « LUMIERE » OU UNE REALITE PHYSIQUE ?
UNE « LUMIERE » PERSONNELLE DE FONDATEURS RELIGIEUX LES HABILITENT-ILS A QUALI FIER LEUR ENVOYE DIVIN EN FILS D « U DIEU VIVANT » TITRE EXPRESSEMENT CONFERE « ENTRE GUILLEMETS » ?
LA REPONSE N’EST ELLE PAS CONTENUE DANS LES GUILLEMETS EXPRESSEMENTS ACCOLES A CE TITRE ?
Tous les textes du Nouveau testament et la Tradition de l’Eglise contredisent la phrase finale selon laquelle Jésus aurait réservé à des initiés une confidence d’extase mystique entre lui et on Dieu. Jésus n’est pas un maître soufi raté, déconstruit, et reconstruit par l’idéologie abstractive, de l’Occident recyclé dans un nostalgique néo-magistère, aussi humanitariste qu’ intellectualiste.
Il est vivant ! Notre Seigneur Jésus Christ devant qui je me tiens ! s’exclame le prophète foudroyé par sa Présence, et tout s’enchaîne alors en toute logique, et harmonie.
Mais elle est morte ! la belle idée du héros moral sur laquelle je me suis endormi, pérore le donneur de leçons démonétisé, et tout est chez lui, indifférence, mollesse, contradiction, ennui, et surtout stérilité d’une « communauté » de la rencontre du Narcisse occidental, avec son double faussement exotique d’outre-mer.
Conclusion
"Henri Teissier est toujours resté en Algérie avec comme unique ambition de découvrir et de susciter des frères" écrit l'encyclopédie WP.
Mais tout homme est un frère :. n'est-ce pas ? Alors à quoi a servi Teissier, qui a-t'il servi ?
Le 15 novembre 2006 Jean Baptiste Tournaire